À la rencontre des acteurs du franco-bavarois : entretien avec Patrice Pélissier, Consul honoraire de France à Augsbourg

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À la rencontre des acteurs du franco-bavarois : entretien avec Patrice Pélissier, Consul honoraire de France à Augsbourg

Permettez-nous de vous présenter Patrice Pélissier, Consul de France honoraire à Augsbourg pour la Souabe et la région Donau-Iller et Lac de Constance-Haute-Souabe en Bade-Wurtemberg. Le nouveau Consul honoraire a été présenté officiellement le 28 juin 2018 par l’Ambassadrice de France en Allemagne, Madame Anne-Marie Descôtes, à Augsbourg.

Monsieur Pélissier s’engage depuis 35 ans dans la coopération franco-allemande. Il a assumé pendant 18 ans la présidence du Directoire de la MEA AG à Aichach. C’est la raison pour laquelle il connait fort bien les spécificités de la région d’Augsbourg. De plus, Monsieur Pélissier travaille comme Senior Advisor pour des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des Fonds d’investissement. Il a occupé plusieurs mandats de membre de conseil d’administration et conseil de surveillance dans le contexte français et allemand dans son parcours professionnel. Diplômé de Sciences-Po Paris, Monsieur Pélissier a commencé sa carrière comme chargé de mission auprès de Michel Rocard, Ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire, s’occupant en particulier des affaires franco-allemandes.

Il est donc légitime de considérer la promotion de la coopération franco-allemande comme un fil conducteur dans le parcours du Consul honoraire. En effet, Monsieur Pélissier a grandi dans un environnement bilingue et se sent « chez lui » en Allemagne comme en France. Il est par ailleurs co-fondateur du think-thank franco-allemand « Mittelstandslab », ainsi que membre du comité d’orientation du « Club Economique Franco-Allemand ». Il partage ses idées et publie des articles sur les relations économiques franco-allemandes, par exemple dans la revue « Confrontations Europe » en traitant des sujets de l’Allemagne et l’industrie 4.0 ou encore du futur de l’Europe et la montée du nationalisme. Monsieur Pélissier considère également la transmission du savoir comme une tâche importante, c’est pourquoi il a été chargé des séminaires dans diverses Écoles de commerce (HEC, ESSEC) à Paris et, depuis 2017, est désormais chargé de cours à la Fachhochschule d’Augsbourg.

Découvrez les priorités de Monsieur Pélissier dans sa fonction de Consul honoraire dans l’entretien suivant :


Monsieur Pélissier, tout d’abord je souhaite vous féliciter pour votre nomination comme Consul honoraire de France en Souabe. Commençons avec une question simple, mais essentielle :

1/ Quelles sont les tâches d’un Consul honoraire ?

Les Consuls honoraires sont des personnalités, françaises ou non, qui ont accepté d’exercer localement des fonctions de représentation et une mission générale d’appui à l’action diplomatique, culturelle et économique de la France. Ils apportent également une assistance aux Français résidents ou de passage. Ce sont les fonctions que j’exerce en Souabe et dans une partie du Bade-Wurtemberg. Les Consuls honoraires ne sont pas des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et peuvent avoir une activité professionnelle dans le secteur privé. Ils ne sont donc pas chargés, à la différence d’un Consul général, d’administrer une communauté française, mais doivent assurer la protection des ressortissants français et de leurs intérêts.

2/ Quelles priorités avez-vous en Souabe pour la coopération franco-allemande ?

Comme Consul honoraire, je perçois mon rôle autant comme intermédiaire économique que comme conciliateur culturel. Ce sont deux tâches bien distinctes : En tant qu’intermédiaire économique, j’apporte mon aide aux entreprises de Souabe qui souhaitent développer leur activité en France. J’apporte mon soutien, par exemple concernant la compréhension de l’administration française et la mise en contact avec les autorités compétentes. Cela vaut, vice versa, pour les entreprises françaises intéressées à s’implanter en Souabe ou à y élargir une activité.
Dans ma fonction de conciliateur, je m’efforce de promouvoir une meilleure compréhension entre nos deux cultures, à savoir d’élargir, d’améliorer ou de corriger la vision l’un de l’autre. Cela est notamment opportun en raison des stéréotypes dépassés ou déformés, qui persistent encore dans les mentalités respectives. En tant que Consul honoraire, et plus précisément comme médiateur entre nos deux cultures, la correction de ces stéréotypes m’est très chère, du fait notamment de mes expériences professionnelles et de vie dans les deux pays. Dans ce cadre, je souhaiterais souligner, qu’à mon avis, nos deux pays sont marqués par de fortes similitudes. On remarque, très souvent, les différences entre les cultures entrepreneuriales françaises et allemandes. Cependant, ma longue expérience m’a appris que l’entrepreneur du Mittelstand allemand et de l’ETI française se ressemblent beaucoup et partagent plus de perspectives communes qu’ils ne l’auraient imaginé. La culture typique des entreprises dirigées par leur propriétaire existe de manière transfrontalière, nous sommes donc « à la même hauteur » ou « auf gleicher Wellenlänge » comme le dit un bon mot allemand.

3/ Dernière question : Comment percevez-vous, en tant que Consul honoraire, la communauté française en Bavière et notamment en Souabe ?

J’ai eu l’occasion de remarquer, en tant que Consul honoraire, une communauté française très active et fort diversifiée. J’irai même jusqu’à dire que nous avons trois communautés françaises différentes en Bavière.

Ce sont tout d’abord les Français vivant depuis très longtemps en Bavière, ayant souvent un ou une partenaire allemand/e et une famille bilingue. Ce sont les « Bavarois français » typiques, qui se sont très bien intégrés dans la société bavaroise dans une perspective de présence à long-terme. On peut considérer les expatriés comme une seconde communauté. Ces derniers viennent souvent en Bavière pour des raisons professionnelles pour une durée limitée allant de un à trois ans. Le séjour en Allemagne représente une expérience interculturelle enrichissante et l’expatrié peut partager son savoir-faire et ses expériences de la Bavière à son retour en France. Une dernière catégorie est la jeune génération, la fameuse génération Y. Ce sont des étudiants, apprentis, chercheurs et créateurs de startup. Ils sont confrontés à une vision différente de la Bavière, car vivant dans les grandes villes universitaires comme Munich, entourés de jeunes, allemands ou non.

De mon point de vue, ces trois groupes de Français en Bavière se complètent, car ils ont des préoccupations différentes. Ils créent ainsi une communauté culturelle riche et diversifiée, ce que j’apprécie beaucoup.

Monsieur Pélissier, nous vous remercions beaucoup d’avoir pris le temps pour cet entretien.

L’entretien a été réalisé et transcrit par Anne Friedrich, stagiaire du Consulat général de France à Munich.

Akteure der bayerisch-französischen Gesellschaft : Interview mit Patrice Pélissier, Honorarkonsul von Frankreich in Augsburg

Dürfen wir vorstellen ? Patrice Pélissier, der neue Honorarkonsul Frankreichs für Schwaben und die Regionen Donau-Iller und Bodensee-Oberschwaben in Baden-Württemberg. Am 28. Juni wurde er feierlich von der französischen Botschafterin in Deutschland, Anne-Marie Descôtes, als Honorakonsul in Augsburg vorgestellt.

Herr Pélissier ist seit 35 Jahren in der deutsch-französischen Kooperation engagiert : 18 Jahre war er Vorsitzender des Vorstands der MEA AG in Aichach, dadurch kennt er die Region Augsburg wie seine Westentasche. Herr Pélissier arbeitet des Weiteren als Senior Advisor für mittelständische Konzerne und Private Equity Gesellschaften und hatte in seiner beruflichen Laufbahn im deutschen und französischen Kontext mehrere Aufsichts- und Beiratsmandate inne. Nach seinem Studium der Politikwissenschaften am renommierten Institut d’Etudes Politiques in Paris übernahm Patrice Pélissier zunächst einen Beraterposten im Ministerium für Wirtschaftsplanung und Raumordnungen und war dort insbesondere für deutsch-französische Angelegenheiten unter Minister Michel Rocard zuständig.

Die Förderung der deutsch-französischen Zusammenarbeit zieht sich mithin wie ein roter Faden durch seine Laufbahn – nicht zuletzt, da Herr Pélissier zweisprachig aufgewachsen ist und sich sowohl in Deutschland, als auch in Frankreich ganz zuhause fühlt. So ist der Honorarkonsul Mitbegründer des deutsch-französischen Netzwerks und Think-Tank „Mittelstandslab“, sowie Mitglied des Lenkungsausschusses des „Club Economique Franco-Allemand“. Sein Mitwirken in Denkfabriken und seine Ideen zu deutsch-französischen Wirtschaftsbeziehungen teilt Herr Pélissier auch in verschiedenen Veröffentlichungen, wie beispielsweise in der Zeitschrift „Confrontations Europe“, in dem er sich mit Deutschland und der Industrie 4.0 oder der Zukunft Europas und der Rückkehr nationaler Interessen auseinander setzt. Auch die Weitergabe seiner zahlreichen Erfahrungen an die junge Generation liegt dem Honorarkonsul am Herzen : so arbeitet er als Dozent an verschiedenen Business Schools (HEC, ESSEC) in Paris und seit 2017 auch an der Fachhochschule Augsburg.

Lernen Sie im folgenden Interview die Prioritäten Herrn Pélissiers als Honorarkonsul kennen :


Herr Pélissier, zunächst einmal herzlichen Glückwunsch zu Ihrer Ernennung als französischer Honorarkonsul in Schwaben. Vielleicht beginnen wir mit einer einfachen, aber wichtigen Frage :

1/ Was sind die Aufgaben eines Honorarkonsuls ?

Ein Honorarkonsul ist eine, meist französische, Persönlichkeit, die die Aufgabe übernommen hat, Funktionen der lokalen Repräsentation auszuüben und die diplomatischen, kulturellen und wirtschaftlichen Aufgaben der Französischen Republik im Ausland zu unterstützen. Ein Honorarkonsul bietet außerdem eine Hilfe für im Ausland lebende Franzosen, in meinem Fall für Franzosen in Schwaben und Teile von Baden-Württemberg, an. Es handelt sich jedoch nicht um eine Funktion als Beamter des Außenministeriums, sondern um eine ehrenamtliche Arbeit im öffentlichen Dienst. Deshalb haben die meisten Honorarkonsuln noch eine weitere berufliche oder öffentliche Tätigkeit. Im Unterschied zu einem Generalkonsul sind Honorarkonsul nicht für die Verwaltung einer bestimmten französischen Gemeinde im Ausland verantwortlich, müssen aber den Schutz der französischen Bürger und ihrer Interessen wahrnehmen.

2/ Welche Prioritäten möchten Sie in Schwaben zur deutsch-französischen Zusammenarbeit setzen ?

Als Honorarkonsul sehe ich mich sowohl als einen Türöffner, als auch als einen Brückenbauer. Diese zwei Aufgaben sind jedoch nicht zu verwechseln : Als Türöffner helfe ich Bürgern mit wirtschaftlicher Verantwortung in Schwaben, die sich für eine Ausweitung ihrer wirtschaftlichen Aktivitäten in Frankreich interessieren. Ich stehe insbesondere mit Rat und Tat zum Verständnis des Verwaltungsapparats des anderen Landes, der Vermittlung von Zuständigkeiten und Terminen zur Seite. Dies gilt, vice versa, genauso für französische Geschäftsleute, die sich in Schwaben ansiedeln möchten bzw. ihre Tätigkeit ausbauen wollen.

Als Brückenbauer hingegen sehe ich es als meine Verantwortung, das Verständnis zwischen unseren beiden Kulturen zu erweitern, zu verbessern oder zu korrigieren. Letzteres ist insbesondere nötig, da manchmal noch veraltete und verzerrte Bilder des anderen Landes vorliegen. Als Honorarkonsul, und mithin Vermittler zwischen unseren beiden Kulturen, liegt es mir am Herzen, dieses Bild gerade zu rücken. Dies schaffe ich insbesondere durch Rückgriffe auf meine eigene beruflichen Erlebnisse und meine Lebenserfahrung. Ich möchte hier gerne betonen, dass aus meiner Erfahrung ganz besonders die Gemeinsamkeiten unserer beiden Länder prägend sind. Oft wird von den Unterschieden der Unternehmerkulturen gesprochen, aber meine Erfahrung lehrt mich, dass ein Unternehmer aus dem deutschen Mittelstand und aus den französischen ETIs viel mehr Gemeinsamkeiten und ähnliche Perspektiven haben, als sie denken. Diese typischen Kulturen Inhaber geführter Unternehmen existieren grenzüberschreitend, man ist quasi auf der „gleichen Wellenlänge“, wie es ein deutsches Sprichwort sagt.

3/ Und nun zuletzt : wie erleben Sie als Honorarkonsul die französische Gemeinschaft in Bayern und besonders in Schwaben ?

Ich erlebe als Honorarkonsul in Schwaben eine sehr aktive und diversifizierte französische Gemeinschaft. Ich würde sogar so weit gehen zu sagen, dass wir drei ganz verschiedene französische Gemeinschaften in Bayern haben :
Zunächst sind das einmal die Franzosen, die schon lange in Bayern leben, die oft einen Partner aus dem anderen Land haben und eine deutsch-französische Familie gegründet haben. Sie haben die Perspektive, hier in Bayern zu bleiben und haben sich ganz integriert. Das sind die typischen „französischen Bayern“. Dann gibt es eine weitere Gemeinschaft, diejenige der sogenannten „Expatriés“. Diese kommen oft aus beruflichen Gründen nach Deutschland und bleiben meist ein bis drei Jahre. Oft stellt dieser Aufenthalt eine bereichernde interkulturelle Erfahrung dar und wenn diese Personen wieder nach Frankreich zurückkehren, können sie ihre Erfahrungen aus Bayern mit den Franzosen teilen. Und dann, als dritte Kategorie, gibt es noch die junge Generation, auch oft Generation-Y genannt. Das sind die Studenten, Auszubildenden, Forscher und Startup-Gründer. Sie haben oft am meisten mit der jungen Generation in Bayern zu tun und leben eher in den Universitätsstädten, deshalb bekommen sie wieder ein ganz besonderes Bild von Bayern.

Ich finde diese verschiedenen Gruppen ergänzen sich, gerade weil sie sich mit ganz verschiedenen Themen und Angelegenheiten beschäftigen. Sie schaffen dadurch eine kulturell reiche und vielfältige Gemeinschaft, was ich sehr schätze.

Herzlichen Dank Herr Pélissier, dass Sie sich Zeit für unser Interview genommen haben !

Das Interview wurde durchgeführt und transkribiert von Anne Friedrich, Praktikantin des französischen Generalkonsulats.

Dernière modification : 08/08/2018

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