Déclaration de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni sur la situation au nord-ouest de la Syrie [de]

13 mai 2019
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont gravement préoccupés par l’escalade actuelle des hostilités au nord-ouest de la Syrie.

Au cours des derniers jours, la population civile de la région a été soumise à des pilonnages intensifs de la part du régime syrien et de la Russie, avec des raids aériens et des bombardements journaliers, alors que le Hayat Tahrir al-Cham et d’autres groupes qualifiés de terroristes par l’ONU intensifiaient leurs attaques. Cette escalade militaire doit cesser.

Au cours des dernières semaines, les violences ont causé la mort de plus de 120 civils. Les frappes aériennes sur des centres de population, les bombardements aveugles et l’utilisation de barils explosifs ainsi que l’attaque ciblée des infrastructures civiles et humanitaires, notamment les écoles et les centres de santé, constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire. Nous les condamnons avec la plus grande vigueur. Il est particulièrement alarmant que, du moins dans certains cas, ces attaques aient été menées en dépit du fait que les coordonnées de ces sites avaient été communiquées pour garantir leur sécurité.

La présence de groupes qualifiés de terroristes par l’ONU en nombre important dans le nord-ouest de la Syrie, y compris de groupes affiliés à Daech et à al-Qaïda, demeure une source de grande préoccupation. Toutefois, l’offensive brutale actuelle du régime syrien et de ses alliés contre des millions de civils vivant dans la région ne relève pas de la lutte contre le terrorisme mais revient à faire avancer la reconquête brutale du régime.

Ces violences ne font qu’ajouter aux terribles souffrances endurées par le peuple syrien dans les régions d’Idlib et de Hama. Un grand nombre de civils ont été contraints de fuir leurs foyers en raison de l’escalade de la violence et il est fait état de plus de 180 000 personnes nouvellement déplacées au cours des deux dernières semaines. Cette région abrite trois millions de civils dont un million d’enfants. Nombre d’entre eux ont déjà été déplacés plusieurs fois en raison de la brutalité du régime syrien. Toute offensive militaire dans cette région densément peuplée entraînerait une catastrophe humanitaire et sécuritaire.

Nous appelons donc instamment toutes les parties à éviter toute offensive militaire dans la région et à se conformer à leur engagement d’œuvrer à une désescalade de la violence à Idlib. À Istanbul, les chefs d’État et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de la Turquie se sont engagés en faveur d’un cessez-le-feu durable à Idlib tout en soulignant la nécessité de mettre intégralement en œuvre les mesures prévues par l’Accord russo-turc. Cela est indispensable pour assurer la protection des civils ainsi qu’un accès sûr et sans entrave de l’aide humanitaire afin d’alléger leurs souffrances.

Une telle escalade de la violence compromet les perspectives de règlement politique durable. Seule une solution politique crédible, négociée et conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies, pourra mettre un terme au conflit en Syrie.

Dernière modification : 20/05/2019

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